Histoire mystérieuse: Les disparus du phare Eilean Mor
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Quatres marins retraités s'occupaient du phare ; ils travaillaient par équipes de trois. Ils passaient chacun six semaines sur l'île, suivies de deux semaines de repos à tour de rôle. Tous les quinzes jours, le navire ravitailleur Hesperus apportait le courrier et les vivres, débarquait un des gardiens rentrant de congé et repartait avec un autre prenant son congé de deux semaines.
Le 6 décembre 1900, c'était au tour de Joseph Moore d'être relevé,il revint sur l'ile le 21 décembre.
Alors qu’il s’approchait en bateau pour rejoindre son poste,Joseph Moore fut frappé par le silence oppressant qui régnait aux alentours.
Personne pour l’accueillir, pas de drapeau flottant au vent.
A l’intérieur du phare, tout lui avait semblé normal,mais les trois gardiens avaient bien disparu corps et âme. Dans leur maison, la table était apprêtée pour le diner. Mais il ne restait que deux manteaux de pluie (sur trois) dans le bâtiment. On ne revit jamais les gardiens du phare. Et on ne sut jamais ce qu'il leur était advenu.
L’île venait d’essuyer une violente tempête. D’énormes vagues avaient tordues les rampes de fer de l’embarcadère.
Mais, le jour de la disparition des hommes, la tempête s’était calmée. Le carnet journalier mentionnait qu’il y avait un léger crachin.
En date du 15 décembre, l’un des gardiens avait écrit : »"15 décembre. 13 heures. Tempête terminée. Mer calme. Nous sommes dans la main de dieu."»
Plusieurs hypothèses assez farfelues ont été émises : enlèvement par un monstre marin, attaque d’un oiseau géant ou d’un fantôme.
Officiellement, les trois gardiens ont été emportés par une vague qui les a surpris sur le débarcadère.
L'enquête dévoila que, dans la nuit du 15 décembre, le vapeur Archer avait manqué se mettre au sec sur les rochers d'Eilean Mor, parce que le phare était éteint. On peut penser qu'à ce moment les trois hommes avaient disparu.
Une tempête non ressentie ailleurs, aurait-elle déferlé sur l'île ? Auraient-ils été enlevés par une lame ? Il paraît plus vraisemblable que les hommes soient sortis par temps calme, une fois l'ouragan passé, pour tout inspecter, d'autant que la dernière phrase du gardien sur le journal annonce la fin de la tempête. Mais personne ne peut dire ce qui est arrivé ensuite. Selon une supposition largement admise, l'un des trois hommes devint fou, tua ses deux camarades et se suicida. Tous les marteaux, tous les couteaux et toutes les haches étaient demeurés à leur place. Mais l'attaquant s'était peut-être servi d'une pierre comme arme ; il aurait alors précipité à la mer les corps des autres, puis se serait lui-même jeté à l'eau.
Un des hommes a-t-il été saisi d'une folie religieuse ? A t-il eu des visions comme, dit-on, saint Flannan, autrefois ermite de l'île, qui vit dieu ? Le furieux ouragan mentionné dans le journal de bord n'aurait-il existé que dans son esprit ? Quoi qu'il soit arrivé au cours de ces jours et nuits terribles, les rochers d'Eilean Mor en ont gardé le secret a tout jamais.





