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« C'est apparemment un site qui réserve beaucoup de surprises » observe Serge David, docteur en archéologie, chargé de mission au musée de Lons, directeur des fouilles de la grotte d'Amange, dans le massif de la Serre.
A Amange, puis à Dole mercredi dernier, Serge David, a donné un compte rendu des recherches. Et il indique : « En deux ans de sondage, on a découvert un nouveau site du paléolithique supérieur ancien, extrêmement rare. »
La dernière saison de fouille a permis de mettre à jour, des découvertes exceptionnelles : « Dans la même couche géologique, on a trouvé des traces du paléolithique supérieur (qui correspond à l'arrivée de l'homme moderne, l'homo sapiens) et des traces du paléolithique moyen (donc l'homme de Néandertal). C'est très important pour comprendre l'enjeu entre le Néandertal et le paléolithique. Est-ce qu'il y a eu continuité entre les deux ? Comment le Néandertal a-t-il disparu ? » Une question pour les archéologues qui se pose au niveau européen. Et le directeur citait une autre découverte fabuleuse dans le site : « On a probablement découvert une gravure ancienne, c'est une des surprises de la grotte des Gorges. On a découvert deux traits parallèles et, après l'avoir soumis à Denis Vialou, spécialiste de l'art paléolithique, il nous a confirmé que ce pouvait être une gravure du paléolithique supérieur. S'il y a une gavure à l'entrée, cela présage que c'est une grotte ornée, il y en a peut-être d'autres à l'intérieur. Ce serait bien qu'il y ait une gravure animalière. » L'archéologue démontre combien cette découverte est unique : « C'est peut-être un site d'art, or, concernant les gravures pariétales, dans l'est de la France il n'y a rien. »Serge David travaille avec une équipe d'étudiants et fait appel à de nombreux spécialistes pour évaluer les découvertes. Géomorphologue, archézoologue, géoarchéologue sont appelés à rendre leur avis d'expert.
Les premières découvertes ont mis en évidence que la grotte était un site de chasse. « Les hommes sont passés, ont travaillé sur place et sont partis. » La présence de la faune : bisons, rennes, hyènes, rhinocéros laineux, a été déterminée. Puis la mise au jour d'outil, « un retouchoir et une sorte de ciseau », ont attesté de la présence humaine. « On ne peut pas dire de quelle présence humaine il s'agit, souligne l'archéologue, mais on peut la dater entre -30 000 et -28 000. » Etaient-ce des Aurignaciens (-30 000) ou des Gravettiens (-28 000) ? Cela reste établir. Toutefois, Serge David avance : « La présence aurignacienne étant établie dans la grotte de la Mère Clochette (elle est située à Rochefort-sur-Nenon, ndlr), on peut émettre l'hypothèse d'une présence aurignacienne dans la grotte des Gorges. » Les fouilles doivent se poursuivre pour confirmer les premières hypothèses et découvrir, entre autres, si après « les traces de chasse à l'entrée de la grotte », les archéologues vont découvrir « un habitat à l'intérieur. »
Source: Leprogres.fr
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