Les géoglyphes
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Mercredi, 15 Juillet 2009 22:22
Un géoglyphe est un g rand dessin, un grand motif à même le sol. Les géoglyphes peuvent être réalisés en positif par entassement de pierres, de gravier ou de terre ; ils peuvent être réalisés en négatif par enlèvement des pierres, de la végétation ou de la terre. Les plus célèbres sont les lignes de Nazca au Pérou. Certains datent de l'antiquité, mais d'autres sont contemporains (Land art).
Géant d'Atacama

Le Géant d'Atacama (en espagnol : Gigante de Atacama) est un immense géoglyphe anthropomorphique situé sur le flanc de la Sierra Unida (1 245 m) à environ 15 km au nord-est de la ville chilienne d'Huara dans le désert d'Atacama.
Visible du sol contrairement aux grandes figures de Nazca et d'une longueur de près de 90 m, il se trouve sur le trajet du Chemin de l'lnca régulièrement utilisé pour les transhumances.
D'autres géoglyphes formés de lignes et de cercles concentriques subsistent aux alentours.
Géant de Cerne Abbas
Le Géant de Cerne Abbas est la représentation d'une silhouette humaine de très grande taille creusée dans une colline de craie près du village de Cerne Abbas, au nord de Dorchester, dans le Dorset, en Angleterre.

La figure est tracée par une tranchée d'environ 30 cm de large sur 30 cm de profondeur dans la prairie de la colline, enlevant la couche d'humus et creusant dans la craie sous-jacente ce qui empêche l'herbe de repousser et explique sa pérennité. Le dessin est celui d'un homme en pieds, vu de face, de 55 mètres de haut sur 51 mètres de large. L'ensemble du dessin ne peut être observé que de l'autre versant de la vallée ou du ciel.
Le dessin est de style assez naïf. L'homme tient dans la main droite une massue de 36,5 mètres de long qu'il brandit au-dessus de sa tête. Il est apparemment nu et présente un sexe en érection bien en évidence. Son bras gauche est étendu et des recherches récentes ont montré que la trace, non visible aujourd'hui, d'un pan de vêtement ou d'une dépouille d'animal était à l'origine dessinée suspendue sur ce bras, rapprochant de cette façon d'une manière probable le géant de Cerne Abbas avec une représentation mythologique de Hercule portant la dépouille du Lion de Némée.
Ce dessin n'est pas le seul dans la région. Un autre dessin du même type représentant un cheval, le Cheval blanc d'Uffington, est visible dans le secteur et est décrit dans des documents médiévaux. À proximité immédiate du géant, sur la même colline, se trouve un autre glyphe représentant une poële et dans des manuscrits médiévaux cette colline est désignée par les termes colline de la poële, on suppose qu'à cette époque le géant n'existait pas encore, ce qui peut faire supposer son apparition aux environs de 1600.
La plus ancienne référence au géant se trouve dans un document de 1694, faisant référence à un coût de 3 shillings pour son entretien. Ensuite en 1742 un certain John Hutchins, auteur d'un guide du Dorset, mentionne le géant et situe sa confection dans le siècle précédent. On pense maintenant que la figure aurait été creusée par un serviteur de Lord Holles, seigneur du manoir proche. Cet épisode se serait déroulé durant la guerre civile anglaise et son but aurait été de se moquer d'Olivier Cromwell en le représentant sous la forme d'un Hercule car ses ennemis le surnommaient l'Hercule anglais.
À l'occasion de la sortie du film Les Simpson en juillet 2007, un dessin représentant Homer Simpson en slip, un beignet à la main a été dessiné à la peinture juste à coté du géant, provoquant une levée de boucliers d'associations de protection du patrimoine et de néo-paganistes qui appelèrent à invoquer la pluie pour laver l'affront.
Une légende locale explique que l'origine du dessin serait un géant réel qui aurait été tué par les gens du village, lesquels auraient ensuite dessiné sa silhouette sur la colline en suivant son contour.
De par son imposante érection, le géant est aussi la source depuis des siècles d'une superstition en rapport avec la fertilité des femmes. Les couples sans enfants sont incités à danser sur le site et cela se fait encore de nos jours, certains couples allant jusqu'à copuler sur place afin d'espérer une descendance.
Géoglyphes de Nazca
Découverts en 1926 au Pérou, les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent figuratives, parfois longues de plusieurs kilomètres qui se trouvent dans le désert. Le sol sur lequel ils se dessinent est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images.

Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. Les lignes et géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.
Des expériences d'archéologie expérimentale ont prouvé que la réalisation de géoglyphes à l'aide d'outils rudimentaires, comme des piquets et des cordes, afin de reproduire une version agrandie d'un dessin préalable, ne posait aucun problème particulier, et était sans aucun doute à la portée d'un peuple de bâtisseurs comme les Nazcas.
À partir de maquettes, les Nazcas réalisaient les ouvrages à grande échelle probablement à l'aide de procédés géométriques simples, tel le carroyage. On a retrouvé diverses poteries reprenant les mêmes motifs.
Elles prennent la forme de singes, d'oiseaux-mouches et de condors où pullulent spirales et ellipses. Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. Ces tracés représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas.
Le microclimat permet la conservation des lignes, car :
* le plateau est l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an) ;
* le sol sans végétation réchauffe fortement l'air (ce qui crée un coussin d'air qui, à son tour, protège les géoglyphes du vent) ;
* enfin le gypse contenu dans le sol « colle » le sable et la poussière.
Sans sable, ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.
On a déjà dénombré plus de 350 dessins distincts.
D'après la mathématicienne allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site, les géoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, dont les lignes pointent vers des étoiles remarquables ou des constellations (Bibliographie-1).
Cette théorie a été infirmée en 1968 par l'astrophysicien américain Gerald Hawkins, d'après les recherches qu'il réalisa en se fondant sur des calculs informatiques. En reconstituant la carte du ciel telle qu'elle était à l'époque des Nazca, il démontre que 80% des géoglyphes n'ont aucune relation avec les constellations importantes, cependant ses recherches furent démolies à cause d'une erreur de méthodologie grave. Il avait reconstitué la carte du ciel en se fondant sur celle de Stonehenge qui n'est pas dans le même hémisphère.
Des archéologues ont réalisé des répliques à l'identique des figures de Nazca à l'aide de leurs étudiants dans un temps relativement court.
De nos jours, les communautés nazca effectuent une procession sur le parcours que forment certaines des figures. Ce rite peut être récent, et il n'y pas de preuve qu'il ait toujours été pratiqué.
Les figures ont également été associées au chamanisme. La plupart de ces figures se trouvent près de sites préhistoriques d’art rupestre qui présentent des images similaires, mais à une plus petite échelle. Les chamans prenaient des substances hallucinogènes qui leur permettaient de voir leur animal-pouvoir, une pratique courante en Amérique du Sud et particulièrement en Amazonie.
Certaines des drogues utilisées pendant les cérémonies rituelles donnent la sensation de voler dans les airs ; ce serait la raison pour laquelle les géoglyphes sont créés pour être vus du ciel.
Encore plus simplement, ces dessins seraient destinés à des dieux habitant les cieux.
Cette théorie est accréditée par le fait que les motifs animaux sont les mêmes que ceux qu'on trouve dans le panthéon nazca, par exemple sur les céramiques. La plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais.
Henri Stierlin a émis en 1984 l'idée que les lignes servaient à préparer les fils de trame et de chaîne des tissus mortuaires retrouvés dans les tombes de Nazca[3]. Ces tissus ont en effet la particularité d'être tissés de fils d'un seul tenant. Or pour préparer de manière artisanale de tels fils, il faut une ligne droite du double de la longueur pour permettre le tordage puis le repliage du fil sur lui-même. Ces lignes de travail se sont superposées de manière anarchique au fil des siècles.
Cependant, les pieux retrouvés sur le Grand Rectangle (300 pieux pour ce rectangle de 800 m de long et 100 m de large) semblent confirmer que ces dessins ont été tracés par simple carroyage : le dessin est quadrillé puis reporté à l'échelle sur le sol où l'on a pris soin de tirer des cordages qui reproduisent les carreaux.
Les Nazcas avaient fortement développé l’irrigation pour pallier le manque d’eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds de plusieurs mètres reliés par un réseau d’aqueducs souterrains. Les figures et lignes serviraient de repères pour retrouver les résurgences et sources alimentant ce réseau.
Dans Chariots of the Gods, Erich von Däniken a proposé en 1968 une théorie ufologique. Les figures de Nazca seraient soit une piste d'atterrissage pour les vaisseaux spatiaux extraterrestres, soit un message réalisé par la population locale qui leur serait destiné. Elle fait partie de la théorie des Anciens Astronautes.
Selon une théorie, des conducteurs sous forme de fines feuilles de cuivre ou d'or auraient été étendus sur le terrain. Ces conducteurs auraient pu être utilisés comme des antennes pour écouter les ondes très basses fréquences produites par les séismes. Cette hypothèse s'appuie sur une théorie encore controversée nommée « SES » (pour Seismic Electric Signals).
Les traces de Nazca aujourd'hui observées seraient en fait la marque de l'emplacement où auraient été déposés ces conducteurs, mais aussi des nombreux tests qui auraient été effectués afin de trouver des positions adéquates, dans l'axe des champs électromagnétiques.
Cela pourrait signifier que ce site servait à protéger la vie en tant qu'oracle permettant de communiquer avec les dieux de la montagne. Un tel culte semble en effet avoir été identifié : Johan Reinhard, qui avait détaillé diverses traditions antiques, avait une théorie selon laquelle les dieux de la montagne prenaient la forme d'aigles ou de condors, figures présentes sur le site.
D'où un double intérêt, à la fois protecteur mais aussi probablement magique et rituel.

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