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La Magie (surnaturel)

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« La Magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature » — Papus.

Pourquoi ce « Magie », ce M majuscule ? peut-être pour ne pas confondre avec la magie au sens de prestidigitation, peut-être pour agrandir, magnifier l'aspect aventureux d'une entreprise souvent ridiculisée ou jugée inquiétante par les pouvoirs en place.

Dans de nombreuses cultures, les moyens mis en œuvre par la magie en tant que science occulte s’opposent, en effet, aux raisonnements scientifiques, ainsi qu’aux religions établies.

Anneau ancien reprenant le symbole du pentagramme, souvent associé à des pratiques magiquesAnneau ancien reprenant le symbole du pentagramme, souvent associé à des pratiques magiques

Les évolution des connaissances scientifiques, qui permettent d’expliquer des phénomènes comme la foudre, les mouvements des planètes, ou les réactions chimiques, ont progressivement réduit la croyance en la magie.

Description

Étymologie

La majorité des linguistes trouve la racine du mot français "magie" dans les mots grecs magos (μάγος), "mage", ou mageia (μαγεία), "magie", ou "magikos" (μαγικός), "magique".

Il faut aller jusqu'en Perse. "Mage" (maguš) est visible pour la première fois sur une inscription gravée en 515 av. J.-C. à Béhistoun (Perse antique, Iran actuel), sur les exploits de Darius Ier, roi de Perse, qui a renversé en 522 av. J.-C. Gaumâta, un mage mède qui s'est proclamé roi de l'empire perse. "Darius le Roi dit : 'Ensuite il y avait un homme, un Mage, du nom de Gaumâta'.En perse, mag signifie "science, sagesse". Héraclite (vers 500 av. J.-C.) est le premier à utiliser le mot, en énumérant "les somnanbules, les mages (μάγοι), les bacchants [initiés à Dionysos], les ménades [initiées à Dionysos], et les initiés".Hérodote, peu après, précise le sens : "Les tribus mèdes sont : les Bouses, les Parétacènes, les Strouchates, les Arizantes, les Boudiens, les Mages (μάγοι).En fait, les Mages forment la caste sacerdotale des Mèdes, comme les Brahmanes sont la caste sacerdotale des Indiens. Certains Mages sont prêtres. Ils ont diverses fonctions : interpréter les songes, pratiquer la divination, sacrifier au Soleil, à la Lune, à la Terre, au Feu, à l'Eau et aux Vents, chanter la théogonie, participer au pouvoir politique, faire des sacrifices royaux, procéder à des rites funéraires. Comme le montre une sculpture de Kizkapan, ils portent un bonnet qui couvre la bouche, ils officient sur un autel du feu. Le mot "mage" existe donc en Occident depuis le Ve s. av. J.-C.

Vers le milieu du IVe siècle av. J.-C. le mot Mageia (en latin magia) est employé par les Grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre, dit aussi Zarathushtra (vers 590 av. J.-C. ?).Parmi les Mages perses (et non plus mèdes), ou prêtres de Zoroastre, les plus célèbres sont : Ostanès le Mage et Hystaspe, qui seraient venus en Occident dès 480 av. J.-C. Ils auraient accompagné Xerxès Ier, roi de Perse, en pleines "guerres médiques".

Définitions

Le mot "magie" désigne tantôt une technique ("les arts magiques"), tantôt des procédés, des opérations, tantôt une action, un effet, mais cela n'est pas si gênant.

Apulée : "La magie est la science de la piété et du divin (...). Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, étant en communauté avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystérieuse des incantations."

Helena Blavatsky : « La magie, considérée comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l’omniscience et l’omnipotence de l’Esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquis par l’individu tandis qu’il est encore dans le corps. Considérée comme art, la magie est l’application de ces connaissances à la pratique. » "La magie est la science de la communication avec les Puissances supra-mondaines éternelles et de leur direction, ainsi que du commandement de celles de ces puissances appartenant aux sphères inférieures ; connaissance pratique des mystères cachés de la nature connus seulement du petit nombre parce qu'il est très difficile de les acquérir sans tomber dans les péchés contre nature."

Aleister Crowley : "Magick is the Science and Art of causing Change to occur in conformity with Will. La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la Volonté."

Pierre A. Riffard : "La magie est l'action efficace sur un objet réel ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensée, indépendamment des catégories de l'être (espace, temps, causalité), mais conformément à des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mécaniques [rouge → excitation, mûrissement]."

Définition d'un dictionnaire (Hachette) : "Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels."

En général, on lie l'idée de magie à ces notions : admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir à des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes, distinguer magiciens et sorciers, obtenir des effets merveilleux.

On peut distinguer mage, magicien, magiste. Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait du comte de Saint-Germain qu'il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or... Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature ("les rois mages"). Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIXe s., on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.

D'autres personnes font des "miracles", mais autrement. Le prestidigitateur et le "fakir" utilisent l'illusion ; le médium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.

Facteurs pratiques de l'action magique

La pratique de la Magie repose sur la croyance que l’esprit humain est tout-puissant sur le monde qui l’entoure et qu’une pensée déterminée, bien orientée, bien concentrée, peut se concrétiser, influer sur les choses et les êtres. Mais comment cette concrétisation de la pensée serait-elle possible ? Selon les esprits matérialistes et la plupart des savants, il s’agit d’un phénomène physiquement impossible et dépourvu de fondement scientifique. Selon les magiciens, un pouvoir ou une force secrète servirait de truchement entre le monde mental et le plan de la réalité physique. La Magie est, en effet, présentée par ses adeptes comme l’utilisation d’un pouvoir ou d’une force pour influencer une cible donnée (le praticien lui-même, une tierce personne, une collectivité, une chose). Les adeptes de la Magie occidentale contemporaine définissent ainsi le rôle des pratiques magiques : mettre en action cette fameuse force ou ce pouvoir pour influencer la destinée d’une cible. La connexion peut être facilitée par des accessoires, comme les encens ou des ingrédients.

Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi.
Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi.

D’après certaines théories magiques, l’opérateur doit établir une connexion psychique avec la cible de son action. Il doit ensuite imaginer cette cible dans la situation qu’il souhaite lui voir arriver. Tout cela s’effectue par concentration et visualisation mentale, mais les magiciens s’aident aussi de la parole (alors appelée "incantation").

Cependant, l’être humain ne peut rester concentré sur le même objet bien longtemps. Pour remédier à cela les magiciens utilisent un objet magique (appelé « témoins ». Ce dernier, mis en scène dans un rituel, a pour fonction de faciliter la connexion en question, en aidant le praticien à se concentrer sur sa cible d’une part et sur l’effet qu’il désire d'autre part. Il existe traditionnellement deux sortes de témoins : les témoins d’action (représentations de l’effet désiré, de la situation telle que l’on voudrait qu’elle soit) et les témoins-cibles (représentation de l’individu ou de la collectivité visée). Tous deux entrent dans les facteurs de base de l’action magique.

Les témoins d’action, qui ont donc pour fonction d’aider le magicien à se concentrer sur l’effet désiré, à s'immerger dans son désir, peuvent être des dessins, des symboles (astrologiques…), de l’encens, des bougies d’une certaine couleur, des huiles… ayant des correspondances de type analogique, archétypal, avec l'effet voulu.

Dans le cas d’un sort d’amour, le témoin d’action peut être : le dessin d’un cœur, le symbole de la planète Vénus (du fait que celle-ci est associée en astrologie à l’amour), de l’encens de rose (car la rose est traditionnellement associée à la notion d’amour), de l’huile essentielle de rose, une ou plusieurs bougies de couleur rouge (cette couleur étant associée à la passion), etc. Les correspondances peuvent s’appliquer jusqu'à la quantité de bougies : le 15 sera ici de rigueur, car ce nombre est, en numérologie, le signe de l’amour. En somme, un témoin d’action est la représentation symbolique, archétypale, de l’effet désiré.

Remarque : Cet exemple, un sortilège pour attirer l'amour, est soumis à des règles et des lois comme tout. Il faut savoir que l'amour ne peut être directement ni créé, ni détruit. Il ne peut qu'être imité, ce rituel créra chez la cible une obsession pour l'opérateur du rituel.

Le témoin-cible est un objet qui représente l'objet visé par l’opération magique. Ce peut être le magicien lui-même, une autre personne, ou encore une entité composée de plusieurs personnes (comme une association, un groupe, une entreprise…). Le témoin-cible doit aider le magicien à se concentrer sur l’individu ou la collectivité visée. Il n’est pas toujours utilisé en tant qu’objet à contempler, mais il est parfois manipulé. Ces manipulations sont une « mise en scène » de l'action désirée sur la cible, et sont censées faciliter la concrétisation de l’effet voulu.

Principes théoriques de l’action magique

Personne, vraiment, ne sait expliquer la magie, ni même si elle est véritablement efficace. Mais des théories existent.

La magie orientale - mésopotamienne, égyptienne, iranienne - explique ses exploits par l'archétype, le modèle divin ou cosmogonique. À ses yeux, pour agir magiquement il faut faire comme font les dieux ou faire comme ce fut à l'origine. Les dieux sont des exemples, des créateurs, des tout-puissants, les origines sont des moments forts, ils concentrent des puissances idéales, des possibilités. C'est donc magique, par identification, analogie. On lit souvent sur les papyrus égyptiens ou gréco-égyptiens : "Je suis Isis", "Je suis Osiris".

Bôlos de Mendès, le premier des occultistes, explique la magie par les "sympathies et antipathies" et par les "vertus occultes".D'après lui, la salamandre et le feu sont en sympathie, le coq et le lion en antipathie, en inimitié ; la dépouille d'un serpent a la propriété merveilleuse de favoriser les menstrues.

Pic de la Mirandole, en néoplatonicien, explique la magie par l'amour. "Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou séparées dans la nature. (...) Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde (Magicam operari non est aliud quam maritare mundum)." Tout comme le vigneron fait une greffe de la vigne sur un ormeau, le magicien lie l'inférieur au supérieur, le matériel au divin, sur le plan du caché, du latent, du séminal. Pour faire un talisman il faut lier le signe gravé ou inscrit à un esprit planétaire, à un des sefirot de l'arbre des kabbalistes.

Paracelse explique la magie par l'astral, aussi bien l'Esprit sidéral que le corps astral (corpus siderem), d'autre part il explique par la volonté et l'imagination du mage. "L'Esprit sidéral" est la lumière répandue dans notre esprit autant que la Raison universelle. "Même les choses insensibles, les plantes, les graines, les fruits, les pierres, etc., tout a un corps astral", celui-ci est un "aimant" qui attire "les influx sidéraux", un "moteur" qui donne vie et esprit au corps élémentaire. Le mage sait capter et diriger "les forces célestes", "les puissances astrales" dans les objets terrestres, mais aussi utiliser les images, les lettres, les mots. Hélas, la pensée de Paracelse reste difficile à comprendre.

Agrippa de Nettesheim, Giambattista Della Porta, Swedenborg, la majorité des auteurs expliquent la magie par les analogies et correspondances pour le côté abstrait, par les liens ou les déliements pour le côté concret. C'est la fameuse notion de "ligature" (serrer un lien, faire un noeud). On a là une idée magique de tous temps et pour tous lieux. Exemple : il y a, selon le magicien, analogie, ressemblance, métaphore, apparentement entre l'amour et un lien, un noeud, un enchaînement, donc, pour créer un amour de façon magique, le magicien fera un noeud. L'analogie créera le lien. Recette du IVe siècle : "Charme étonnant pour lier une femme aimée. Fais 365 noeuds." Recette de 1997 : "Pour attirer l'amour. Dans un ruban rouge vous aurez écrit vos deux noms avec le sang de l'un des deux. Liez le ruban de manière à faire joindre les noms."L'action magique transfère à deux personnes le pouvoir qu'a le noeud sur deux cordes, celui d'unir, de rapprocher. Un mage d'une part scrute, connaît, d'autre part manipule, transfère les équivalences symboliques.

Franz Anton Mesmer (1766) et tout le mouvement du magnétisme animal expliquent par un "fluide magnétique universel", ou plus prosaïquement par l'électromagnétisme.

Éliphas Lévi explique par la volonté. "Savoir, oser, vouloir, se taire, voilà les quatre verbes du mage (...). Vouloir, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force ; et c'est cet arcane magique que le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent délivrer Renaud et détruire les enchantements d'Armide. (...) Ce qui rendait Jeanne d'Arc toujours victorieuse, c'était le prestige de sa foi."

Frazer, ethnologue anglais, explique par les associations d'idées.Les hommes confondent l'ordre de leurs idées avec l'ordre de la nature, et, dès lors, imaginent que le contrôle qu'ils exercent ou semblent exercer sur leurs pensées les autorise à pratiquer un contrôle correspondant sur les choses." Frazer distingue, dans son analyse de la magie, trois lois, qui marchent par associations (similitude, contiguïté, contrariété). Première loi, la similitude, la sympathie par imitation : "Tout semblable appelle le semblable, ou un effet est similaire à sa cause" ; par exemple, la technique d'envoûtement consiste à percer d'une aiguille une poupée imitant la personne que l'on veut blesser. Deuxième loi, la contiguïté, la sympathie par contact, la contagion : "Les choses qui ont été une fois en contact continuent d'agir l'une sur l'autre, alors même que ce contact a cessé" ; par exemple, un magicien peut blesser une personne en piquant les empreintes de pas laissées par cette personne. Troisième loi : "le contraire agit sur le contraire" ; par exemple, pour contrecarrer une blessure on peut susciter son contraire sous forme d'une image de cicatrisation.

Mikhaël Aïvanhov, un maître spirituel bulgare, explique par l'aura.Être un mage, c'est créér. Le mage véritable est entouré d'un cercle de lumière, son aura, ce halo de lumière invisible qui émane de lui et qu'il a formé grâce à son travail spirituel et à la pratique des vertus. Pour créer, le mage utilise les mêmes moyens que Dieu Lui-même : il projette une image ou prononce un mot qui traverse son aura, et c'est l'aura qui fournit la matière pour la manifestation." Il existe "trois grandes lois magiques : 1) la loi d'enregistrement, 2) la loi d'affinité, 3) la loi du choc en retour.

Une théorie bien plus moderne passe par la notion de "champ morphique". Rupert Sheldrake, biologiste et parapsychologue anglais, développe "l'idée que les formes et comportements caractéristiques des systèmes physiques, chimiques et biologiques sont déterminés par des champs organisateurs invisibles qu’ils appellent les 'champs morphogénétiques', apparemment capables de transcender à la fois le temps et l’espace sans avoir ni masse ni énergie propre."

Fonctionnement

Chaque tradition ou culture possède ses propres définitions des catégories magiques.

La Magie blanche correspond à un ensemble de techniques, souvent ritualisées, permettant de produire des phénomènes destinés à influencer le destin ou le comportement d'une personne.

On fait traditionnellement la distinction entre trois sortes de pratiques : la magie blanche, la magie rouge et la magie noire.

La magie blanche concerne une utilisation de la Magie à des fins positives, ou préventives.

Il est donc possible, grâce à la magie blanche, de résoudre de nombreux problèmes de son existence, sur la plan financier (grâce à des rituels d’argent), sur le plan amoureux (grâce à la magie rouge), sur le plan professionnel (grâce à des rituels professionnels), mais aussi pour se protéger contre un envoutement néfaste (rituel de désenvoutement).

La magie rouge correspond à de la magie blanche, mais concerne le domaine affectif et amoureux.

La magie noire désigne une Magie motivée par des fins de vengeance, et visant à l’échec d’une victime.

Les adeptes de la magie noire (sorciers) passent pour être néfastes à la société (sorciers),  tandis que les adeptes de la magie blanche (mages) sont censés rectifier ces troubles, ou les empêcher.

Intention : magie noire, magie blanche

Depuis seulement la fin du Moyen Âge, vers 1450, les savants posent la distinction entre deux sortes de pratiques, en fonction de leurs buts moraux : la magie noire ("nigromancie") et la magie blanche ("mageia"). Auparavant on voyait dans chaque magie et du mal et du bien.

 

La distinction magie noire/magie blanche recoupe presque la distinction entre magie illicite (ars prohibita) et magie licite, mais aussi la distinction entre magie diabolique (qui repose sur l'aide de démons) et magie naturelle (reposant sur un agencement adéquat des causes physiques). J. Pic de la Mirandole dit sur cette dernière distinction : "Il y a une double magie. L'une relève tout entière de l'activité et de l'autorité des démons (...). L'autre n'est rien d'autre que l'achèvement absolu de la philosophie de la nature (exacta et absoluta cognitio omnium rerum naturalium).

* La magie rouge fait son apparition - du moins comme mot - vers 1840.La plupart des définitions de la magie rouge l'associent à la sexualité, à l'amour, à la séduction et au plaisir amoureux ou charnel.
* La magie verte ne concerne que l'ordre naturel végétal (voire animal, si les bêtes sont sauvages).
* La magie bleue désigne parfois toutes les magies de protection.

Méthode : magie opératoire, magie naturelle

Une deuxième opposition met face à face deux magies, l'une rituelle, l'autre physique : la magie opératoire et la magie naturelle. Agrippa insiste sur cette distinction.

* La magie rituelle, au niveau le plus simple, est une magie opérative, c'est-à-dire faite d'actes réfléchis et efficients. Il suffit d'émettre un son, de poser un objet près d'un autre... Il faut aussi quelques conditions, dont les plus importantes sont, dit-on, "le respect scrupuleux des règles" et "la force magnétique de l'opérateur". Ces conditions sont déjà si difficiles, que tout échec en magie finit par s'expliquer ! Si l'on ajoute le choix de l'heure propice, du lieu consacré, de l'objet approprié, la magie devient quasi impossible. Le rite du cercle magique est célèbre.Le magicien, avec une épée ou une baguette, trace autour de lui un cercle, pour se protéger d'influences négatives, à l'extérieur, et pour attirer à l'intérieur des puissances positives. Les rites magiques les plus courants sont, quant à la fonction, les rites de renforcement de puissance, de protection, de guérison, de divination, et pour la forme, les incantations, les gestes, les sacrifices... Les grimoires, la franc-maçonnerie occulte, les rosicruciens, la Golden Dawn proposent à leurs adeptes des rituels très complexes.

* La magie naturelle est presque une science ordinaire. Les faits existent depuis toujours. Anthème de Tralles, au VIe s., savait, techniquement, créer le tonnerre. La notion n'apparaît que vers 1230, grâce à Guillaume d'Auvergne et Roger Bacon et à d'autres auteurs. Della Porta, à la fois magicien et physicien, la définit ainsi : "Naturelle..., cette magie, douée d'une plantureuse puissance, abonde en mystères cachés et donne la contemplation des choses qui gisent sans être appréhendées, et la qualité, propriété et connaissance de toute nature comme sommet de toute philosophie." En d'autres termes, c'est de la science physique, mais elle porte sur des phénomènes mal connus ou elle crée des phénomènes qui semblent des miracles sans en être, par exemple les feux grégois, l'attraction du fer par l'aimant, les monstres, les illusions d'optique, la prestidigitation. L'antique Claude Élien a donné la clef : "La nature est, elle aussi, magicienne.

Usage : magie médicale, magie divinatoire...

La magie, ça sert. Elle a ses spécialités et ses spécialistes.

* Magie cynégétique. C'est la magie pour la chasse.

* Magie divinatoire. Magie et divination ont été confondues jusqu'au début du XIIIe s., puis on les distinguées, mais on peut les réunir, quand il s'agit d'interroger occultement le passé, le futur, les secrets, les cachettes. Le cas le plus violent est la nécromancie, où le magicien interroge un mort. Le cas le plus élevé est la théurgie, quand le magicien interroge un dieu ou un ange ; John Dee, avec un médium, a pratiqué des "conversations angéliques" (1581) : "Edward Kelly est un voyant de grande qualité. Il a invoqué et parlé avec Uriel, l'un des Sept Anges. Il prie d'abord avec moi le Seigneur, puis invoque le Bon Ange, écoute ses paroles et répond.

* Magie érotique ou magie sexuelle. Les moyens traditionnels sont bien connus, du moins en théorie. Déjà Sophocle les cite : "Si, par des philtres et par des charmes qui touchent Héraklès, je l'emporte sur la jeune fille, j'aurai conduit mon plan avec art.Herbes et incantations. Mais d'autres moyens seraient disponibles, dont la magie de rapprochement, la magie par contact (agir sur un objet qui appartient à la personne désirée), les parfums, les visualisations, les rituels...

* Magie initiatique. Depuis la préhistoire, il existe des initiations où l'on transmet un instrument, une technique, un savoir magiques, ou qui donnent l'initiation grâce à des opérations magiques telles que l'évocation d'un maître défunt, l'usage d'un talisman.

* Magie médicale. Le premier usage de la magie fut probablement la médecine. Quand tous les moyens ordinaires échouent, comment ne pas songer à la magie ? On a alors l'embarras du choix quant aux moyens : pierres ou plantes ou animaux magiques, formules ou gestes magiques, imposition des mains, transes médiumniques, prières... Et les spécialistes sont foule : guérisseurs, rebouteux, radiesthésistes, magnétiseurs, chamanes...

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Duel de magie, deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace.
peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.

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