Un relais temporisé est un composant électrique qui ouvre ou ferme un circuit après un délai prédéfini. Il sert à automatiser des fonctions simples : maintenir un éclairage allumé après extinction de l’interrupteur, faire tourner un extracteur d’air quelques minutes après la coupure, ou cadencer le cycle d’un appareil.
Installer ce type de module sur un tableau ou dans un coffret ne demande pas de compétences avancées, mais impose de respecter des règles de sécurité précises, notamment la norme NF C 15-100.
Relais temporisé : choisir le bon mode de temporisation avant le câblage
Tous les relais temporisés ne fonctionnent pas de la même manière. Acheter le mauvais modèle revient à câbler un composant qui ne répondra jamais au besoin prévu. Le choix du mode de temporisation conditionne tout le reste.
Un relais à temporisation au travail (on-delay) démarre son décompte dès qu’il reçoit la tension d’alimentation. Le contact de sortie bascule une fois le délai écoulé. Ce mode convient pour retarder le démarrage d’un moteur ou d’un ventilateur.
Un relais à temporisation au repos (off-delay) fonctionne à l’inverse : le contact se ferme immédiatement à la mise sous tension, puis s’ouvre après le délai une fois le signal de commande coupé. C’est le mode utilisé pour maintenir un extracteur de salle de bain en marche après l’extinction de la lumière.
Un troisième type, le relais à temporisation cyclique, alterne automatiquement des phases de marche et d’arrêt à intervalles réguliers. On le retrouve dans des applications comme l’arrosage automatique ou le fonctionnement séquentiel d’un aspirateur industriel.
La plage de réglage du délai varie selon les modèles : certains couvrent quelques secondes, d’autres montent à plusieurs heures. Vérifiez cette plage avant l’achat pour qu’elle corresponde à la durée souhaitée.

Branchement d’un relais temporisé : identifier les bornes et le circuit
Le schéma de câblage d’un relais temporisé repose sur trois groupes de bornes : l’alimentation du relais lui-même, l’entrée de commande (le signal qui déclenche la temporisation) et les contacts de sortie (qui alimentent la charge). Chaque fabricant utilise un marquage différent, mais la logique reste la même.
Lire le marquage des bornes sur le boîtier
Les bornes d’alimentation sont souvent notées A1 et A2. Elles reçoivent la tension qui fait fonctionner l’électronique interne du relais. La tension d’alimentation doit correspondre exactement à celle indiquée sur l’étiquette du module (généralement 230 V AC pour un usage domestique, ou 24 V pour certains montages).
Les bornes de sortie portent des numéros comme 15-16 ou 15-18, selon qu’il s’agit du contact normalement ouvert (NO) ou normalement fermé (NF). Confondre NO et NF inverse le comportement du relais : la charge reste alimentée quand elle devrait être coupée, et inversement.
Précautions avant de toucher au câblage
- Coupez le disjoncteur général ou le disjoncteur du circuit concerné, puis vérifiez l’absence de tension avec un VAT (vérificateur d’absence de tension) – un simple tournevis testeur ne suffit pas.
- Repérez chaque fil avant de le déconnecter. Un marquage au ruban adhésif coloré ou un simple schéma sur papier évite les erreurs de reconnexion.
- Dénudez les fils sur la longueur indiquée par le fabricant du relais. Un fil trop dénudé qui dépasse de la borne crée un risque de court-circuit dans le coffret.
Un relais temporisé se monte généralement sur rail DIN dans le tableau électrique, ou dans un coffret dédié si le montage est indépendant du tableau principal.
Protection différentielle 30 mA et norme NF C 15-100 : la contrainte souvent ignorée
Ajouter un relais temporisé dans un circuit existant ne dispense pas de vérifier la conformité de ce circuit. Depuis la mise à jour 2024 de la norme NF C 15-100, devenue obligatoire pour les installations neuves et les rénovations totales à partir du 1er septembre 2025, chaque circuit doit être protégé par un interrupteur différentiel 30 mA.
Cette obligation couvre aussi les circuits de commande et d’éclairage, là où un particulier installe le plus souvent un relais temporisé. Le type de différentiel (AC, A ou F) dépend de la nature de la charge en aval.
- Type AC : pour les charges purement sinusoïdales (éclairage classique, résistances).
- Type A : obligatoire dès qu’un composant génère du courant continu pulsé (certains variateurs, moteurs à commande électronique).
- Type F : requis pour les équipements sensibles aux micro-coupures (pompes à chaleur, certaines VMC).
Si le circuit sur lequel le relais temporisé est raccordé ne dispose pas déjà d’une protection différentielle adaptée, l’installation n’est pas conforme, même si le relais lui-même fonctionne correctement. Un relais bien câblé sur un circuit mal protégé reste une installation non conforme.

Réglage du délai et test de fonctionnement du relais temporisé
Une fois le câblage terminé, le réglage du délai s’effectue sur le relais via un potentiomètre rotatif ou des micro-interrupteurs (DIP switches), selon le modèle. Certains relais électroniques proposent un afficheur numérique.
Réglez d’abord le délai sur une valeur courte pour tester le circuit. Remettez le disjoncteur sous tension, activez le signal de commande, et vérifiez que la charge (lampe, extracteur, moteur) s’allume ou s’éteint après le temps programmé.
Si le relais émet un clic audible mais que la charge ne réagit pas, le problème vient généralement d’une erreur sur les bornes de sortie : contact NO utilisé à la place du NF, ou inversement. Si aucun clic ne se produit, vérifiez que la tension d’alimentation aux bornes A1-A2 correspond bien à la spécification du relais.
Ajustez ensuite le délai à la valeur souhaitée. Testez à nouveau après chaque modification pour confirmer que le comportement reste celui attendu, puis refermez le coffret ou le tableau.
Tout circuit nouvellement créé ou modifié de manière significative doit respecter la série 2024 de la norme NF C 15-100. Si le relais temporisé s’ajoute à un circuit ancien dont la protection différentielle ou le calibre du disjoncteur n’est pas adapté, la mise en conformité de ce tronçon devient nécessaire, indépendamment de la simplicité apparente du montage.

