Parentses : erreur courante ou nouvelle écriture inclusive ?

Le mot « parentses » apparaît régulièrement dans les recherches en ligne, souvent tapé par des personnes qui cherchent le pluriel du mot « parenthèse » ou qui découvrent un néologisme lié à l’écriture inclusive. Derrière cette graphie se cachent deux réalités distinctes qu’il faut démêler pour éviter toute confusion.

Parenthèse au pluriel : la forme correcte en français

En grammaire française, le mot « parenthèse » suit les règles classiques de formation du pluriel. On écrit « parenthèses » avec un h et un accent grave sur le premier e. La graphie « parentses », sans h ni accent, ne correspond à aucune entrée dans les dictionnaires de référence.

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L’erreur vient probablement d’une confusion phonétique. À l’oral, le h de « parenthèse » est muet, et l’enchaînement des consonnes t-h-è peut se simplifier mentalement en « t-e ». Le résultat produit cette graphie tronquée que les moteurs de recherche captent comme une requête fréquente.

Enseignant devant un tableau avec les mots parentses et parents comparés, dans une salle de classe universitaire

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Pour mémoriser l’orthographe, un repère simple fonctionne : le mot « parenthèse » partage sa racine avec le grec parenthesis (action d’insérer à côté). Le h et l’accent grave sont des traces directes de cette étymologie. Supprimer le h revient à couper le mot de son origine.

Écriture inclusive et néologismes : d’où vient la confusion

Une seconde hypothèse explique la circulation du terme « parentses » en ligne. Certaines discussions autour de l’écriture inclusive génèrent des néologismes ou des graphies expérimentales, parfois reprises sans vérification.

L’écriture inclusive repose sur plusieurs procédés qui modifient la graphie habituelle des mots :

  • Le point médian, qui insère les deux terminaisons genrées dans un même mot (« étudiant·e·s »)
  • Les doublets, qui écrivent les deux formes en entier (« les étudiantes et les étudiants »)
  • Les néologismes neutres, qui tentent de créer des formes ni masculines ni féminines (« celleux » pour « celles et ceux »)

« Parentses » ne fait partie d’aucune de ces catégories reconnues. Aucun guide d’écriture inclusive publié par une institution francophone ne mentionne cette graphie comme une forme recommandée ou même expérimentale.

Pourquoi le terme circule malgré tout

Les moteurs de recherche amplifient les fautes d’orthographe populaires. Quand un nombre suffisant d’utilisateurs tape « parentses », la requête devient visible dans les outils de suggestion automatique. Ce phénomène crée un cercle : la graphie erronée gagne en visibilité, ce qui pousse d’autres personnes à la considérer comme potentiellement valide.

Une faute répétée ne devient pas une norme linguistique par sa seule fréquence de recherche. La distinction entre usage attesté et erreur fréquente reste fondamentale en français.

Orthographe de parenthèse : les erreurs les plus fréquentes

Le mot « parenthèse » concentre plusieurs difficultés orthographiques qui expliquent la diversité des graphies fautives rencontrées en ligne.

  • « Parenthése » avec un accent aigu au lieu d’un accent grave, par analogie avec des mots comme « synthèse » parfois mal accentués eux aussi
  • « Parentèse » sans le h, confusion liée au caractère muet de cette lettre à l’oral
  • « Parentses » sans h ni accent, cumul des deux erreurs précédentes
  • « Paranthèse » avec inversion du e et du a dans la deuxième syllabe, erreur de transposition courante

Ces variantes fautives partagent un point commun : elles résultent d’une transcription phonétique approximative. Le français conserve des lettres étymologiques que la prononciation ne signale pas, ce qui rend l’orthographe de certains mots contre-intuitive.

Une astuce pour retenir la graphie correcte

Le mot « thèse » contient le même groupe th + accent grave. Si l’on sait écrire « thèse », « hypothèse » ou « synthèse », on peut retrouver la graphie de « parenthèse » par analogie. Le h et l’accent grave fonctionnent comme un bloc stable dans toute cette famille lexicale.

Faut-il corriger « parentses » quand on le croise

Dans un contexte professionnel ou éditorial, la réponse ne laisse pas de place au doute. La seule graphie normée reste « parenthèses » au pluriel et « parenthèse » au singulier. Utiliser « parentses » dans un document officiel, un article ou un courriel professionnel sera perçu comme une faute d’orthographe.

Dans les échanges informels (messageries, réseaux sociaux), la tolérance aux variantes graphiques est plus large. La communication passe, le sens est compris. La question devient alors celle du registre de langue choisi plutôt que celle de la norme stricte.

Deux jeunes adultes débattant de l'écriture inclusive et du mot parentses sur un téléphone dans un café parisien

Pour les créateurs de contenu web, un point technique mérite attention. Rédiger un texte contenant « parentses » sans le signaler comme une erreur risque d’ancrer la faute chez les lecteurs. Un rédacteur a une responsabilité indirecte sur la diffusion des graphies qu’il emploie, puisque les moteurs de recherche indexent et reproduisent ces formes.

La graphie « parentses » n’est ni une innovation inclusive ni une variante acceptée. Elle reste une erreur d’orthographe fréquente, amplifiée par les mécanismes de suggestion des moteurs de recherche. Retenir le bloc « thèse » (avec son h et son accent grave) suffit à ne plus hésiter sur l’écriture de parenthèse, hypothèse, synthèse, et de toute leur famille.